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Sélectionné pour l’édition 2021 du Loto du patrimoine et de la Mission Patrimoine de Stéphane Bern, le Vieux – Château du Neubourg représente la Normandie.

Pour en savoir plus sur l’histoire du Vieux – Château et de la Maison Neuve cliquez- ici 

 

Copyright : Nicolas Bram

1- Projet global

Propriété de la famille Lettré depuis de nombreuses années, la Ville du Neubourg a acquis auprès de l’EPFN le Vieux – Château en 2011 puis en est devenue propriétaire en 2014.  Poursuivant sa politique patrimoniale, elle a également fait l’acquisition en 2016 puis le rachat en 2020 de la Maison Neuve, permettant la réunion des deux parties du château, séparées depuis 1843 à la suite d’une succession. L’acquisition concerne également la tour médiévale de Madame de Boulay, en forme de fer à cheval, et les derniers 17 m de remparts subsistants.

Une fois les travaux d’urgence réalisés, la commune a le projet d’installer le musée pour présenter les collections anatomiques du Docteur Auzoux ainsi que de créer une salle de spectacle et des jardins aménagés.

Les objectifs de la ville sont de faire découvrir au plus grand nombre un site unique du patrimoine normand médiéval, renforcer l’attractivité culturelle et touristique du Neubourg qui dispose également du château du Champ de Bataille, et s’insérer dans un réseau de coopération culturelle.

Le coût des travaux d’urgence est financé à hauteur de 80% par la DRAC, la mission Bern et dans le cadre du Contrat de Territoire porté par la Communauté de communes du Pays du Neubourg avec des financements de la Région et du Département. 20% sont à la charge de la Ville du Neubourg. La fondation du Patrimoine permet aussi aux donateurs (particuliers et entreprises) de s’impliquer dans ce projet.

 

> Vieux-Château du Neubourg | Faire un don (fondation-patrimoine.org)

Le projet de restauration et valorisation du Vieux Château porté par la ville du Neubourg est donc à la fois ancré dans son territoire et tourné vers l’extérieur.

 

L’enjeu est de redonner au site son caractère structurant à l’échelle du Pays du Neubourg, d’en faire un lieu de vie qui se construise avec les habitants et pour les habitants, tout en l’inscrivant dans une dynamique culturelle et touristique plus large.

2- Recherches archéologiques

Sous l’autorité de la commune et en partenariat avec la DRAC, la Mission archéologique départementale de l’Eure (Made) a réalisé des sondages archéologiques pour localiser, étudier et dater des vestiges enfouis potentiellement impactés ou valorisés par les futurs travaux d’aménagement (restes de constructions, traces de creusements, couches de sédiments, artefacts, etc.).

Plusieurs tranchées ont été réalisées (cf. plan et détail ci-dessous) et ont mis au jour des maçonneries, des débris de construction et des déchets de la vie quotidienne (principalement de la vaisselle de cuisine et de table en terre cuite ainsi que des os d’animaux consommés sur place). Ces nombreux éléments documentent les bâtiments du château et la décoration de leurs intérieurs (carreaux de pavement vernissés). Ils témoignent aussi des activités de ses multiples occupants de la fin du Moyen Âge à la fin de l’époque moderne (du XIVe au XVIIIe siècle). Quelques aménagements de l’époque contemporaine (XIXe-XXe siècles) ont également été observés.

Par ailleurs, une partie des enduits récents de l’intérieur du Vieux Château a été déposée pour permettre une étude archéologique du bâti et enrichir la connaissance des phases de construction et d’aménagements de cet édifice, entre le XIIIe et le XIXe siècle.

 

8 : épais remblai médiéval riche en os d’animaux ; épaisse couche de démolition.

9 : épais remblais ; dallage contemporain en pierres de taille.

10 : mur médiéval et fondations d’une construction de l’époque moderne.

11 : sol de cour médiéval en petits silex, très usé.

12 : vestige du talus argileux qui ceinturait la cour du château ; fondation d’un bâtiment disparu appuyé contre la courtine A ; profond fossé de drainage contemporain.

13 : vestige du même talus ; épais dépôt de matériaux altérés par le feu (terre et silex brûlés, charbons de bois, cendres) ; épais remblais.

14 : vestige du même talus ; fondation vraisemblablement du même bâtiment appuyé contre la courtine A ; fondations d’autres constructions ; épais remblais.

15 : épais remblais.

16 : voirie de moellons de silex usés, médiévale ou moderne, dans l’axe du passage de la tour-porte (entre pont-levis au nord-ouest et cour du château au sud-est) ; mur et pavement de carreaux de terre cuite d’un bâtiment moderne, disparu, appuyé contre la tour-porte ; épais remblais.

17 : murs et pavement du même bâtiment ; épais remblais.

18 : ruines du mur d’enceinte (courtine D) ; épais remblais.

19 : petite canalisation médiévale aménagée sous la tour nord-est de la tour-porte (évacuait les eaux de ruissellement du passage vers le fossé).

20 : maçonneries médiévales ou modernes ; épais remblais.

21 : mur d’un bâtiment médiéval ou moderne.

22 et 23 : sol de cour médiéval en petits silex (entre 1,60 et 2 m de profondeur) ; niveau « boueux » riche en tessons de céramique et en os d’animaux (fin du Moyen Age) ; épais remblais.

24 : base moulurée d’un des contreforts médiévaux de la façade du Vieux-Château ; épais remblais.

 

Source : Monsieur Deshayes La Made

 

 

3- Les travaux d’urgence 2021 – 2022

Ils ont pour objectifs d’arrêter les dégradations en cours, de sécuriser le site et de le préparer à l’accueil des nouveaux programmes de restauration.

La mission Bern via la Fondation du Patrimoine soutient financièrement ce projet à hauteur de 300 000 € afin de sauvegarder ce patrimoine en péril. Notre projet a été retenu en 2021 parmi les 18 sites emblématiques.

Les premiers travaux ont consisté à enlever les parties bâties au XXème siècle : Une extension à l’arrière de la maison neuve ainsi que la petite cuisine d’été accolée à la porterie (entrée à l’arrière du château qui correspondait à l’ancien pont-levis). Sa démolition laisse apparaître une partie du rempart qui traversait autrefois l’allée (vestiges des fondations retrouvés lors des fouilles archéologiques).

 

Avant et après travaux de démolition des annexes :

 

 

Cuisine enlevée après démolition  :

 

 

Escalier enlevé après démolition :

 

 

La tour de Madame du Boulay : un impressionnant échafaudage (2 mois de travail) a été installé pour permettre la restauration de la charpente et la réfection complète de la toiture.

 

 

Le vieux château : l’appartement appelé « la boîte » a été démonté et offre à nos yeux le volume impressionnant de la salle de la Toison d’or sous une charpente majestueuse. Dans le même temps des études archéologiques vont avoir lieu au cours du mois de novembre 2021 dans cette belle salle notamment pour découvrir les fenêtres qui existaient au 17ème siècle. Les piliers des caves sont en cours de consolidation par un système de coulinage (liquide versé dans des entonnoirs). L’escalier en béton a été démonté et sera remplacé l’année prochaine.

 

 

Salle de la Toison d’or avant et pendant les travaux entre octobre et novembre 2021 :

 

 

Entrée salle de la Toison d’or avant et pendant les travaux de démolition de l’appartement au cours du mois de novembre 2021 :

 

 

L’escalier de l’appartement en cours de démolition durant le mois d’octobre 2021 :

 

 

Le mur de Brionne est renforcé par un étaiement en attendant une prochaine intervention.

 

 

Le rempart a fait l’objet en 2020 d’un ceinturage pour éviter qu’une partie ne s’effondre en attendant une intervention au cours de l’année 2022 pour le consolider et le restaurer.